




Je découvre toutes les semaines de nouvelles maisons abandonnées. Si nombreuses tout autour de chez moi. Au bout de chemins cabossés elles sont là, toujours là, toujours plus fatiguées. Sous des toits perméables. À l'intérieur, les papiers-peints sont jaunis et dévorés. Les rideaux en dentelle, élimés. J'aime leurs fragilités. Imaginer la vie, les vies qui tournaient autour d'elles quand on les appelait encore "fermes". Il n'y a pas si longtemps.
Toutes ces maisons se ressemblent tellement. Même porte, même grand escalier, mêmes énormes tonneaux stockés dans les chais, mêmes cageots perchés tout en haut des étables. Et généralement même vue sur la chaîne des Pyrénées. Et pour moi même tristesse de les voir s'abimer d'hiver en hiver.
Chacune d'elles me fait rêver. Je les dessine à défaut de pouvoir les acheter.